I. Introduction
Le risque routier professionnel concerne tous les déplacements réalisés dans le cadre du travail : trajets de mission, livraisons, interventions chez un client, visites de chantier, déplacements commerciaux ou tournées techniques. Il ne se limite donc pas aux métiers du transport. Dès qu’un salarié conduit pour son activité, l’entreprise doit intégrer ce risque dans sa démarche de prévention.
Pour l’employeur, l’enjeu est double : protéger les salariés exposés à la route et organiser le travail de manière à limiter les situations qui favorisent l’accident. Le DUERP permet de formaliser cette analyse et de transformer le constat en actions concrètes.
II. Comprendre le risque routier professionnel
Le risque routier peut apparaître lors de trajets réguliers ou ponctuels. Il dépend de nombreux facteurs : distance parcourue, horaires, fatigue, pression de livraison, météo, type de véhicule, état des routes, usage du téléphone, chargement du véhicule ou manque de préparation du déplacement.
Dans certaines entreprises, ce risque est visible parce que les salariés conduisent tous les jours. Dans d’autres, il est sous-estimé car la conduite est considérée comme une tâche secondaire. C’est précisément ce qui rend l’évaluation importante : un déplacement professionnel reste une situation de travail.
III. Les principaux facteurs de risque
- Organisation des tournées trop serrée, avec peu de marge en cas d’imprévu.
- Conduite en état de fatigue, tôt le matin, tard le soir ou après une longue journée.
- Utilisation du téléphone ou d’outils numériques pendant la conduite.
- Véhicules mal entretenus ou mal adaptés à l’activité.
- Chargement instable, surcharge ou matériel mal arrimé.
- Manque de formation aux règles de conduite professionnelle.
- Trajets fréquents sur routes inconnues, zones urbaines denses ou chantiers.
Ces facteurs doivent être analysés avec les salariés concernés. Leur retour d’expérience permet souvent d’identifier les contraintes réelles : délais trop courts, difficultés de stationnement, absence de zones de repos ou véhicules partagés mal contrôlés.
IV. Intégrer le risque routier dans le DUERP
Dans le DUERP, le risque routier doit être rattaché aux unités de travail exposées : équipes de maintenance, commerciaux, techniciens itinérants, livreurs, encadrants de chantier ou salariés utilisant ponctuellement un véhicule de service.
L’évaluation doit tenir compte de la fréquence des déplacements, de la gravité possible des accidents et des conditions dans lesquelles les trajets sont organisés. Le DUERP ne doit pas seulement indiquer que les salariés conduisent : il doit décrire les situations de travail qui créent l’exposition.
Exemples de situations à analyser
| Situation | Risque associé | Action de prévention |
|---|---|---|
| Tournées avec délais courts | Vitesse, stress, fatigue | Réviser la planification et prévoir des marges réalistes |
| Appels pendant les trajets | Distraction au volant | Interdire les communications en conduite et organiser les rappels à l’arrêt |
| Véhicule utilitaire chargé | Perte de contrôle, projection de matériel | Former à l’arrimage et contrôler le chargement |
| Déplacements fréquents | Exposition répétée à l’accident | Suivre les kilomètres, alterner les conducteurs et prévoir des pauses |
V. Les mesures de prévention à mettre en place
La prévention du risque routier repose d’abord sur l’organisation. L’entreprise peut réduire l’exposition en limitant les déplacements inutiles, en préparant les tournées, en évitant les horaires défavorables et en donnant des consignes claires sur l’usage du téléphone.
- Planifier les trajets avec des délais compatibles avec une conduite prudente.
- Privilégier les réunions à distance lorsque le déplacement n’est pas nécessaire.
- Mettre en place un suivi de l’entretien des véhicules.
- Vérifier l’adaptation du véhicule à la charge transportée.
- Former les salariés à la conduite professionnelle et à l’arrimage.
- Prévoir une procédure en cas d’accident, panne ou retard.
- Rappeler que la sécurité prime sur le respect d’un horaire irréaliste.
VI. Le rôle des managers et des salariés
Les managers ont un rôle central car ils fixent les priorités, les délais et les conditions de déplacement. Une politique de prévention efficace doit éviter les messages contradictoires : demander d’aller vite tout en affichant une consigne de prudence rend la prévention peu crédible.
Les salariés doivent aussi pouvoir signaler les situations dangereuses : véhicule défectueux, trajet trop long, impossibilité de prendre une pause, surcharge ou pression client. Ces remontées doivent alimenter la mise à jour du DUERP et le plan d’action.
VII. Conclusion
Le risque routier professionnel doit être traité comme un risque à part entière. Il concerne la sécurité des salariés, mais aussi l’organisation du travail, la qualité des véhicules, la préparation des missions et la culture managériale. En l’intégrant clairement dans le DUERP, l’entreprise peut identifier les situations les plus exposées et mettre en place des actions simples, concrètes et suivies.
Sources
- INRS – Risques routiers : https://www.inrs.fr/risques/routiers.html
- Assurance Maladie – Risque routier professionnel : https://www.ameli.fr/entreprise/sante-travail/risques/risque-routier
- Code du travail numérique – Risque routier professionnel : https://code.travail.gouv.fr/
- Sécurité routière – Risque routier professionnel : https://www.securite-routiere.gouv.fr/